• La pluie s'est arrêtée il y a quelques kilomètres déjà, il est 4h15 et nous entrons dans l'état de Floride. Nous abandonnons Miss Caddie à l'ombre d'un palmier pour aller fêter au jus d'orange pressé la réussite de la première partie de notre mission !

             

         

    Les paysages ont énormemment changé, ce sont à présent des palmiers qui s'étalent comme du chiendent sur notre chemin, des palmiers et des bayous...des bayous comme dans Down by law de Jarmush. Où sont donc les alligators ?

     



               

    Mercredi 31 Janvier au soir,  nous dormons à Tampa. Au matin, nous prenons conscience que nous sommes au cœur de ce qu'on appelle ici une bad area, traduisez par zone à risques. 
    En plus, il nous faut trouver un garagiste car depuis deux jours de l'huile coule de la voiture. Nous décampons...
    Nous trouvons notre bonheur pas trop loin chez Morgan Enterprises et, peu après, nous  reprenons la route ; il nous faudra revenir le lendemain pour monter sur Miss Cadie la pièce qu'il vient de commander.

    Cap sur Clearwater beach,  



       

     

    visite rapide, promenade sur le pier 60 

       et départ en quête d'un motel où passer la nuit.
    Nous possédons des coupons de réduction pour certains hôtels dont un Howard Johnson que la providence place sur notre route. Ahhhh, rien à voir avec le fameux Magnolia. On y trouve des chambres très
    sympa, 

          
     
        un bar, un restaurant et une piscine bordée de paillottes et de palmiers.

       

    Aucune barrière ne nous empêche de nous y jeter. Horaires d'ouverture et de fermeture souples (6 am / 10 pm), liberté d'utiliser la piscine comme dans peu de motels de ce pays ! Nous trouvons même dans le complexe une laverie automatique! 

    Départ dans la matinée pour Tampa, pagnes et maillots à portée de main car nous comptons bien aller à la plage. Finalement, les réparations s'avèrent plus longues que prévu

                  et à défaut de plage de sable, non loin de là, nous nous allongeons sur un carré d'herbe pour bronzer un peu, sous le regard étonné des camionneurs qui passent, et oui ! On fait ce qu'on peut ! 

    Quand la voiture est enfin prête, le soleil n'est plus aussi fort et nous optons pour une activité utile : Laver Miss Cadie à fond car elle en a bien besoin !!



    Le propriétaire du garage qui nous trouve, dit-il,  sympatiques,  nous invite le soir même à une Party sur son bateau. Nous devons le rappeler en début de soirée. Nous sommes fous de joie, les fantasmes de chacun s'expriment à haute voix. Nous imaginons un beau navire au cœur d'une mer d'huile et une soirée folle. Tu parles, rien du tout...impossible à joindre. Nous trépignons de rage et quittons le restaurant terriblement déçus pour notre chambre d'hôtel...cette nuit il y a des bateaux plein nos rêves.

    Samedi 3 février, c'est tempête sous un crâne, il nous faut trouver un appartement fissa fissa car nos économies s'amenuisent. Triste réalité ! Nous ne tiendrons pas longtemps car nous n'avons pas suffisamment d'argent pour aller plus loin.
    Nous oublions donc Sarasota qui nous est décrite comme une ville très chère et décidons de nous établir pour un temps dans la région de Clearwater. Grâce à un vigile de l'hôtel, nous trouvons notre bonheur route 19, dans une jolie résidence avec piscines, terrain de tennis et tutti quanti ... L'appartement est énorme, possède deux chambres, il est parfaitement bien agencé et presque neuf. Tout cela pour 450$ / mois. Nous voulons signer tous les papiers mais l'appartement n'est pas prêt. On nous pose des tas de questions, nous remplissons des tonnes de paperasse et on nous prie de bien vouloir revenir le lendemain.
    Au matin, hé hé, quittons définitivement notre motel et débarquons avec toute nos affaires, HEUREUX...C'est une nouvelle vie qui commence !  Patatras , nouvelle déception : entre hier et aujourd'hui, le loyer a augmenté et nous devons maintenant signer un contrat de location de sept mois ! Nous ne sommes pas en situation actuellement de tirer des plans sur la comette pour une si longue échéance ! Nous regagnons Miss Cadie, assez découragés...
    Un peu plus tard, en début de soirée, sur Alpine Road,  toujours à la recherche d'un endroit ou dormir, soudainement, flash light et sirènes assourdissantes de police !...Quoi ?... flûte!, c'est pour nous, ils nous font signe de nous ranger sur le bas côté... Comme chacun sait, les policiers américains, c'est pas des petites filles en tutu...Dans ce pays où chacun a la possibilité de porter une arme y compris un enfant de six ans, difficile donc, de différencier les cowboys des indiens alors, dans le doute, on gueule d'abord et on s'excuse après ! Résultat, on nous aboie de lever les mains bien en évidence, de ne pas bouger. Entre les lumières, les ordres, le bruit des sirènes et la rapidité d'action, nous sommes tétanisés, c'est Starsky et Hutch version cauchemard!
    Un policier s'approche, arme au poing pointée sur nous, puis, braque Zoltan avec son gun et sa torche, lui hurle de sortir de la voiture et nous ordonne de ne pas bouger. Il fouille notre ami, le laisse presque en caleçon tandis que le second policier sort un peu de son retrait et nous crie de rejoindre notre copain devant le véhicule, près du capot. Le premier pose des tas de questions à Zoltan puis le confie à la vigilance de son équipier et s'en prend à nous : même chose, mains sur le capot puis il fouille Morgane et aboie de nouveau pour me dire de tenir mes mains levées croyant trouver au fond de ma poche kangourou je ne sais quelle drogue ou arme de poing. Je ne frime pas et mes compagnons d'infortune non plus !
    Nous sommes morts de peur qu'ils découvrent que ma sœur et moi sommes illégales sur le territoire... Après un sale quart d'heure et un interrogatoire axé sur Zoltan, principal propriétaire de Miss Cadie, détenteur de la carte grise et qui tenait le volant au moment où ils nous nous ont arrêtés, ils baissent le ton d'un cran, et nous expliquons que nous avons acheté cette Cadillac à Manhattan pour passer deux mois (le visa expire à trois) à visiter la Floride en parfait touristes que nous sommes, accompagnées de notre copain Zoltan, taximan à New York et notre complice  pour cette virée...Ouf, pfouuu... Ils nous laissent finalement partir. Nous ne sommes pas fiers du tout et réalisons que notre rêve américain repose sur des bases bien fragiles...  
    Nous essayons un certain nombre de Motel,  bien trop onéreux pour nos bourses et finalement retournons chez Howard, notre sauveur ! Qu'allons nous faire ? Devons-nous changer de ville ? Rentrer chez nous ?
    Nous ne devons pas nous laisser aller. Un mot d'ordre : rester optimistes !
    Direction le fond de la piscine pour noyer notre chagrin.
    Zozo le héros décide de lutter contre sa phobie de l'eau, il viendra nager matin et soir un petit peu, c'est décidé !
    L'eau est délicieuse, oublions tout, qu'est-ce qu'on est bien, rahhhhhh, du bonheur en barre....




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